Pour une commune qui accueille dès les premiers pas
La Fédération Wallonie-Bruxelles fait face à une inadéquation persistante entre l’offre et la demande de places d’accueil de la petite enfance. Or, le manque de places – mais aussi les difficultés d’accès pour les familles les moins favorisées – constitue une contrainte majeure pour les parents. Selon un sondage de la Ligue des Familles publié en 2024, 33 % des parents en Fédération Wallonie-Bruxelles n’ont pas trouvé de place en crèche lorsqu’ils en avaient besoin. En conséquence, près d’un parent sur quatre (et principalement les mères) est contraint de prendre un congé parental, de réduire son temps de travail, voire de renoncer à son activité professionnelle.
Cette insuffisance de places d’accueil n’est pas neutre du point de vue du genre, ce sont majoritairement les mères qui paient la facture : temps partiel subi, revenus amputés, carrière ralentie, déclassement professionnel et, demain, pensions plus faibles. Pour les parents solos (très majoritairement des mères), l’absence de solution d’accueil peut devenir un facteur de précarisation.
Or, certaines décisions des gouvernements Arizona et Azur, comme la non-indexation de subventions à des crèches accueillantes en 2026 ou la suppression de plusieurs aides à l’emploi, ont déjà des conséquences concrètes sur le terrain.
À Uccle, l’asbl Youplaboum en est un exemple préoccupant. Cette structure, qui accueille et accompagne plusieurs centaines d’enfants par an, voit aujourd’hui la survie de son projet menacée, avec un tiers des postes en danger. Derrière ces chiffres, il y a des travailleuses et travailleurs qui accueillent, accompagnent et éveillent des enfants, mais aussi soutiennent les familles au quotidien. Leur rôle est essentiel et pourtant leur travail est le moins bien rémunéré du secteur non-marchand.
Pour Ecolo-Groen, l’accueil de la petite enfance est un investissement social aussi décisif qu’une école ou un logement abordable, et en aucun cas il ne peut constituer une variable d’ajustement budgétaire. C’est pourquoi nous défendons le refinancement du secteur, la création de places accessibles, la revalorisation des métiers de la petite enfance, le soutien aux structures locales et une attention particulière aux familles monoparentales et précarisées. L’accueil de la petite enfance doit être pensé comme un droit effectif, pilier d’une commune juste, solidaire et réellement accueillante dès les premiers pas.
Vos mandataires communaux et CPAS : Marie Borsu, Patricia Duvieusart, Mathias Junqué, Aleksandra Kokaj, François Lambert-Limbosch, Perrine Ledan, Lara Querton, Céline Vanderborght, Florine De Brouwer, Marie Dumortier et Geoffrey Livemont.